Lettre de Mme Paul de Musset, née Aimée d’Alton, à Caroline Jaubert
De Mme Paul de Musset, née Aimée d’Alton, à Caroline Jaubert
[Paris], le 2 février 1881
Ma Chère Caroline ;
Je lis dans le Journal que tu m’as envoyé hier que tu te proposes de publier un nouveau Volume de mémoires. Je te prie de ne pas parler de moi
et si tu as encore de mes lettres, brule-les, je ne veux pas qu’il en soit publié aucune, je te le dis tout à fait sérieusement.
Peut être que tu ne sais pas, et je te l’apprends, que la loi défend de publier des lettres sans l’autorisation de celui qui les a écrites ;
Comme héritière d’Alfred de Musset, par mon mari, je m’oppose à une nouvelle publication de ses lettres. elles étaient écrites pour sa
marraine, pour avoir ses réponses ; elles n’auraient jamais dû être livrées au public. rien ne peut faire tort à Alfred comme poëte ; mais avec
sa franchise excessive ces lettres ont fourni des documents dont ses ennemis ont profité. C’est assez[2] !
[f. 78 v°, second volet du feuillet précédent]
[Lettre d’avoué adressée à Jules Hetzel]
Paris le 10 février 1881[3]
Monsieur
J’avais été chargé par Madame Paul de Musset d’aller vous voir et vous communiquer la lettre qu’elle a écrite à Madame Jaubert le 2 courant.
Je n’ai pas eu l’honneur de vous rencontrer aujourd’hui, et je n’ai pu savoir quand je pourrais vous voir rue Jacob.
Je remplis donc ma mission par écrit et je vous adresse, avec la présente, copie de la lettre que j’étais chargé de vous faire connaître.
Je suis à votre disposition si vous désirez un rendez vous.
Je vous prie d’agréer, Monsieur
mes sincères civilités.
[Signature illisible : Mtouve]
Mr Hetzel editeur
18, rue Jacob
Notes
- [1] Paris, BnF, Ms, N.a.fr. 16981, f. 77 r°. Copie aux lettres soigneusement moulées. [2] Pas de signature ni de formule de politesse. La copie est très certainement incomplète. [3] Papier à en tête de: « A. Ch. Boudin/ Avoué de 1re Instance/ Successeur de son Père/ 5 Rue Baillif (derrière la Banque)/ PARIS. »