Lettre de Louise Colet à Alfred de Musset
De Louise Colet à Alfred de Musset
17 juin [1853.]
Lundi soir.
Samedi lorsque le soir votre commissionnaire est arrivé, je venais de descendre pour jeter une lettre à la Poste pour vous. N’ayant pas encore l’explication de votre passage à ma porte avec Mr Curnier, je m’étonnais que vous ne fussiez pas monté chez moi, et je vous demandais avec instance d’y venir hier soir. La lettre baignée de larmes que je remis à votre envoyé vous en disait plus que mes paroles. Vous ne m’avez point répondu, et vous n’êtes point venu. Je n’insiste plus. Mon cœur se/ referme sur ses misères et ses douleurs. Je rougis de vous les avoir laissé entrevoir. Oh! désormais je saurais me roidir, sans me jeter comme on fait quelques paroles de pitié, affection qui m’aurait soutenue dans le la, vous me la refusez. Ne soyez plus épouvanté, ne vous croyez plus. Vous n’entendrez désormais ni reproche ni plainte. La dernière garde la colère est vidée Que votre conscience vous absolve. Je vous demandais de Vous m’avez implacablement repoussée.
Louise
Notes
- [1] Avignon, Bibliothèque municipale, Ms 6418, f° 525.
- [2] Pas de suscription.