Lettre à François Buloz

  • Fin mai 1833
  • Destinataire : François Buloz
  • Source : Correspondance (1827-1857)

À François Buloz
Fin mai 1833

Je calcule si mal, mon cher Bulos, qu'il faut me pardonner mes indiscrétions. Il me semble cependant que Marianne tenant 2 feuilles de la revue, doit valoir par conséquent 30 louis au terme de notre marché ; ainsi en vous écrivant ce matin, je croyais être bien en avance, comme échéance, mais pas autrement. Je vous ai dit, il y a quelque tems, que je faisais une petite comédie en prose ; en verité, notre marché est si singulièrement fait, qu'après ce que vous me dites, je n'ose vous l'envoyer ; car enfin il ne tiendrait qu'à moi de vous mettre sur le dos une montagne d'écrivaillerie, et il ne serait pas raisonnable que vous subissiez la peine de votre confiance et de votre obligeance à mon égard. Pourquoi / [f. 35 v°] ne me laisseriez-vous pas la possibilité d'envoyer par exemple à l'Europe qui me tourmente tous les jours, un article ou deux, dans les momens où selon ma louable habitude, j'ai tout jeté par les fenêtres ? cela, je vous assure, ne ferait de mal à personne, et me rendrait la conscience tranquille. à vous. alfd de Musset

[Adresse :] Monsieur Monsieur Bulos.