Lettre à François Buloz
À François Buloz
[18 août 1835]
Mardi soir
Mon cher ami, il faut absolument attendre que tout soit fait pour imprimer la lere partie, sans quoi ce serait tout gâcher, et je ne puis m'y résoudre. Tout ce que je puis faire, si vous êtes embarrassé pour votre N°, c'est de m'arrêter et de vous donner autre chose. Mais répondez moi un mot sur le champ. à vous Alfd Mt
[Adresse :]
Monsieur Buloz
N° 10, rue des Beaux Arts
Notes
- [1] Paris, Bibliothèque de l’Institut, fonds Lovenjoul F 982bis, f. 61. Une feuille simple. Lettre autographe signée.
- [2] Souligné.
- [3] C'est La Confession d'un enfant du siècle dont Buloz publia un chapitre (I, II) dans la Revue des Deux Mondes du 15 septembre 1835, p. 732-747, en faisant suivre l'extrait de la mention : « Le fragment qu'on vient de lire appartient à un livre, La Confession d'un Enfant du siècle, qui paraîtra dans les premiers jours d'octobre. M. Alfred de Musset est un jeune poète auquel l'opinion n'a pas fait encore toute la place qu'il mérite. Nous espérons que cette nouvelle production ne contribuera pas peu à faire mieux apprécier ce talent si fin et si élevé. » — La Confession ne parut en définitive que le 1er février 1836, chez Félix Bonnaire et Victor Magen.
- [4] C'est effectivement ce qui se produisit : la Revue des Deux Mondes publia le 1er septembre 1835 un ample poème de protestation, « La Loi sur la presse », que Musset avait composé dans la seconde quinzaine d'août. Il y était fait écho aux propos tenus à la Chambre des députés par Adolphe Thiers, le ministre de l’Intérieur, auteur d’une loi particulièrement répressive en matière de délits de presse, qui fut finalement votée début septembre. C’est l’un des rares exemples de poésie politique chez Musset.
- [5] Au verso du feuillet (f. 61 v°).