Lettre à François Buloz
À François Buloz
[12 ou 13 juillet 1837.]
Mon cher Buloz, Il est cinq heures du matin j'ai travaillé cette nuit à une Nuit de Juillet, commencée pour vous, qu'il m'est absolument impossible d'avoir fini demain matin. Si j'avais un jour de plus devant moi, je vous le donnerais. mais ce n'est qu'aujourd'hui par la visite de Mr Bonnaire que j'ai su positivement que vous etiez embarassé pr votre N°. Je suis faché de ne pouvoir prendre cette occasion de vous prouver que je suis reconnaissant de votre manière d'agir avec moi dans ces dernieres circonstances. Ne m'en veuillez/ [f. 89] pas, je vous en prie. Ce sera pr le prochain N°, si vous voulez.
À vous
Alfd Mt
Tachez donc de retrouver quelque-part, quand vous pourrez, le manust de Mme Koechlin qui m'ecrit encore aujourd'hui pour le r'avoir. Je ne vous ai pas encore envoyé la nouvelle a cause des changemens dont je vous ai parlé et qui sont nécessaires. Si vous en voulez pr le prochain N°, dites le moi de suite. En tous cas, vous l'aurez comme nous en sommes convenus.
Notes
- [1] Paris, Bibliothèque de l’Institut, Lovenjoul F 982bis, f. 88-89. Un fac- similé en deux feuillets.
- [2] Cette Nuit de Juillet n'existe pas. Il s'agit probablement de ce qui deviendra la Nuit d'Octobre et non pas la Nuit d'Août, de 1836, comme on avait pu le penser. En effet, la nouvelle dont parle Musset est sans doute Emmeline, œuvre au sujet de laquelle Musset a signé avec Buloz un traité le 18 août 1836, alors qu'il s'agissait encore dans son esprit d'un roman. Emmeline, sous sa forme définitive de nouvelle, ne sera publiée dans la Revue des Deux Mondes que le 1er août 1837. Il est donc vraisemblable que cette Nuit de Juillet, retardée par l'achèvement d'Emmeline, sera adaptée en août ou septembre 1837 par Musset, pour devenir la Nuit d'Octobre, publiée dans la Revue des Deux Mondes, le 15 octobre de cette même année.