Lettre d'Alfred de Musset à Aimée d'Alton (LIV)
Tu souffres, ma pauvre amie, et tu t'étonnes sans doute que je ne te demande pas de venir. Tâche de prendre un peu de courage et de ne pas m'en vouloir, si tu peux. Je travaille et je ne m'amuse pas plus que toi de mon côté. Ma mère partira bientôt, je crois, pour son second voyage. Je t'aime. Ne t'afflige pas trop, surtout, et n'aie pas contre moi plus de mauvaise humeur que je n'en ai moi-même. Distrais-toi un peu, s'il est possible, je t'en conjure.
Adieu chère poupette,
Mercredi soir.