Lettre à Sa marraine
S.d. (1843.)
Ce n’est ni chez elle, ni chez vous, madame, que je voudrais la rencontrer, mais, si j’étais invité au bal de Mme de T..., ce serait différent.
Mme Jaubert ayant obtenu une invitation, Musset lui écrit :
J’ai profondément réfléchi et j’ai découvert que ce n’était pas la peine. Je n’irai pas vendredi.
Ce qui n’empêche pas, mais pas du tout, que je ne vous remercie de tout mon cœur d’avoir pensé à moi, qui n’en suis guère digne.
Vous êtes bien toujours vous, ma belle marraine, c’est-à-dire toujours bonne.
Dites, je vous prie, à la comtesse que j’irai indubitablement lui faire visite d’ici à ma mort, dans toutes les règles avec carte et en grande tenue. Et ajoutez que si mes profonds respects et très humbles excuses ne peuvent la toucher, il ne me reste plus qu’à lui dire ce qu’une religieuse disait à sa supérieure : « Si vous n’êtes pas contente de moi, couchez-vous auprès. »
Compliments sincères.
Mercredi soir.