Lettre à Rédacteur de « la Patrie »

19 juin 1848

Monsieur,

Je lis dans votre journal qu’on avait annoncé par erreur que j’étais destitué de ma place de bibliothécaire, et que le ministre a fait démentir ce bruit. Voici, à ce sujet, la lettre que j’ai reçue il y a un mois :

« Citoyen,

J’ai le regret de vous annoncer que, par un arrêté du 5 mai courant, le ministre vous a admis à faire valoir vos droits à la retraite.

Salut et fraternité.

Le secrétaire général,
CARTERET, »

Cette lettre, vous le voyez, est aussi claire que laconique.

Quant aux droits à la retraite, il faudrait que j’eusse été nommé bibliothécaire à l’âge où j’apprenais à lire. Veuillez croire, du reste, monsieur, que je n’aurais jamais songé à entretenir le public d’une chose de si peu d’importance, si je n’étais profondément touché des marques d’intérêt et de bienveillance que j’ai reçues de la presse, à cette occasion.

Veuillez agréer, etc...