Lettre de la princesse de Salm-Kyrbourg à Adèle Colin

  • S.d. [mai 1857]
  • Destinataire : Adèle Colin
  • Source : Alfred de Musset intime

Ma bonne Colin, je suis cruellement frappée de l'événement que vous m'annoncez.

J'espérais que, cette fois encore, vos soins seraient récompensés et que cette belle et haute intelligence résisterait au mal qui vient de l'anéantir si prématurément.

Quel malheur pour ceux qui l'aiment ; et quelle perte pour les Lettres dont il fut si longtemps l'honneur et la gloire !

Comme je plains sa mère, comme je comprends votre douleur et vos regrets !

Votre vie était pleine d'angoisse et de fatigue incessantes. Si vous l'avez pu supporter, c'est que vous étiez sincèrement attachée à M. de Musset qui devait le mériter.

Dès que vous le pourrez, venez chercher près de nous la seule consolation qui soit digne de vous : la part sincère que nous prenons à votre chagrin et le témoignage de notre véritable affection, et de l'estime que nous avons pour vous.

Écrivez-nous en attendant que vous puissiez nous voir.

Nous vous offrons tous trois nos tristes compliments.

R. Princesse DE SALM-KYRBOURG.