Poésies
À Lydie, traduction d’Horace
Poème
Présentation
Date de composition non établie avec certitude dans les sources consultées.
Collection ou cycle
Poésies nouvelles · 1836 à 1852
Recueil des poèmes de la maturité.
Texte intégral
À LYDIE TRADUIT D’HORACE (ODE IX, LIVRE III) HORACE Lorsque je t’avais pour amie, Quand nul jeune garçon, plus robuste que moi, N’entourait de ses bras ton épaule arrondie, Auprès de toi, blanche Lydie, J’ai vécu plus joyeux et plus heureux qu’un roi. LYDIE Quand pour toi j’étais la plus chère, Quand Chloé pâlissait auprès de Lydia, Lydia qu’on vantait dans l’Italie entière Vécut plus heureuse et plus fière Que dans les bras d’un dieu la Romaine Ilia. HORACE Chloé me gouverne à présent, Chloé, savante au luth, habile en l’art du chant ; Le doux son de sa voix de volupté m’enivre. Je suis prêt à cesser de vivre Si, pour la préserver, les dieux voulaient mon sang. LYDIE Je me consume maintenant D’une amoureuse ardeur que rien ne peut éteindre Pour le fils d’Ornithus, ce bel adolescent. Je mourrais deux fois sans me plaindre Si, pour le préserver, les dieux voulaient mon sang. HORACE Eh quoi ! si dans notre pensée L’ancien amour se rallumait ? Si, la blonde Chloé de ma maison chassée, Ma porte se rouvrait ? si Vénus offensée Au joug d’airain nous ramenait ? LYDIE Calaïs, ma richesse unique, Est plus beau qu’un soleil levant, Et toi plus léger que le vent, Plus prompt à t’irriter que l’âpre Adriatique ; Cependant près de toi, si c’était ton plaisir, Volontiers j’irais vivre, et volontiers mourir.
Sources
- Œuvres complètes, Charpentier, 1866