Poésies

À Sainte-Beuve

Poème · première publication : juillet 1837

Collection ou cycle

Poésies nouvelles · 1836 à 1852

Recueil des poèmes de la maturité.

Relations

Adressée à Charles Augustin Sainte Beuve — Le poème est explicitement adressé à Sainte-Beuve et répond à un passage publié dans la Revue des Deux Mondes.

Texte intégral

À SAINTE-BEUVE
SUR UN PASSAGE D’UN ARTICLE INSÉRÉ DANS LA REVUE DES DEUX MONDES
Ami, tu l’as bien dit : en nous, tant que nous sommes,
Il existe souvent une certaine fleur
Qui s’en va dans la vie et s’effeuille du cœur.
« Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes,
Un poëte mort jeune à qui l’homme survit. »
Tu l’as bien dit, ami, mais tu l’as trop bien dit.
Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée,
Que ta plume en faisait un vers harmonieux.
Et que tu blasphémais dans la langue des dieux.
Relis-toi, je te rends à ta Muse offensée ;
Et souviens-toi qu’en nous il existe souvent
Un poëte endormi, toujours jeune et vivant.
Juillet 1837.

Sources

  • Œuvres complètes, Charpentier, 1866