Poésies
Au Yung-Frau
Poème · première publication : 1830
Collection ou cycle
Premières Poésies · 1829 à 1835
Corpus des premiers poèmes, incluant les textes parus dans Contes d’Espagne et d’Italie.
Texte intégral
AU YUNG-FRAU
Yung-Frau, le voyageur qui pourrait sur ta tête
S’arrêter et poser le pied sur sa conquête,
Sentirait en son cœur un noble battement,
Quand son âme, au penchant de ta neige éternelle,
Pareille au jeune aiglon qui passe et lui tend l’aile,
Glisserait et fuirait sous le clair firmament.
Yung-Frau, je sais un cœur qui, comme toi, se cache.
Revêtu, comme toi, d’une robe sans tache,
Il est plus près de Dieu que tu ne l’es du ciel.
Ne t’étonne donc point, ô montagne sublime !
Si, la première fois que j’en ai vu la cime,
J’ai cru le lieu trop haut pour être d’un mortel. Sources
- Œuvres complètes, Charpentier, 1866