Poésies
Sonnet à Madame M. N.
Poème · première publication : mai 1843
Présentation
Sonnet composé en mai 1843. Deux autres sonnets adressés à la même destinataire sont recensés séparément.
Collection ou cycle
Poésies nouvelles · 1836 à 1852
Recueil des poèmes de la maturité.
Texte intégral
SONNET À MADAME M. N. « Je vous ai vue enfant, maintenant que j’y pense, Fraîche comme une rose et le cœur dans les yeux. — Je vous ai vu bambin, boudeur et paresseux ; Vous aimiez lord Byron, les grands vers et la danse. » Ainsi nous revenaient les jours de notre enfance, Et nous parlions déjà le langage des vieux ; Ce jeune souvenir riait entre nous deux, Léger comme un écho, gai comme l’espérance. Le lâche craint le temps parce qu’il fait mourir ; Il croit son mur gâté lorsqu’une fleur y pousse. Ô voyageur ami, père du souvenir ! C’est ta main consolante, et si sage et si douce, Qui consacre à jamais un pas fait sur la mousse, Le hochet d’un enfant, un regard, un soupir. Mai 1843.
Sources
- Œuvres complètes, Charpentier, 1866